Non, l’employeur ne peut pas « obliger les employés à transmettre chaque jour à leur hiérarchie des relevés de température » (publication du 6 mars 2020 de la CNIL).
Il est également interdit de collecter des informations auprès des salariés via des questionnaires de santé à compléter par leur soin et retournés à l’entreprise. En revanche, il est recommandé de sensibiliser ses salariés à l’utilité d’effectuer des remontées individuelles en cas de symptôme (cf. questionnaire d’auto-évaluation). Chaque salarié doit mettre en oeuvre tous les moyens afin de préserver sa santé, sa sécurité et celle de ses collègues (L. 4122-1 du code du travail).

Depuis le début de la crise sanitaire, en cas de contamination, l’employeur doit renvoyer à son domicile le salarié contaminé pour qu’il consulte rapidement son médecin traitant, ou bien contacter directement le 15.
Il faut veiller au nettoyage de tous les locaux après son départ et informer tous les salariés présents (tenir un registre des présences quotidiennes dans l’entreprise).

Oui, un salarié peut demander à faire reconnaître sa contamination au COVID-19 sur le lieu de travail comme accident du travail. C’est la CPAM qui appréciera le caractère professionnel de sa contamination.

La reconnaissance de la faute inexcusable nécessite la reconnaissance du caractère professionnel de la contamination, la méconnaissance du danger par l’employeur et l’absence de mesures nécessaires ou adéquates prises pour éviter le risque. Il n’incombe pas à l’employeur de garantir l’absence de toute exposition au COVID-19 des salariés, mais il lui faut prendre toutes les mesures possibles pour l’éviter.
La responsabilité de l’employeur sera évaluée selon ses actions et la nature des activités du salarié.

Le droit de retrait impose que le salarié caractérise l’existence d’un danger grave et imminent pour sa vie ou sa santé.
Ainsi, si l’employeur se conforme aux directives du plan de déconfinement et fait respecter les gestes barrière, il est peu probable qu’un salarié puisse légitimement exercer son droit de retrait au motif de la pandémie de COVID-19 sauf circonstance exceptionnelle.
La rémunération étant la contrepartie d’un travail effectif, l’utilisation infondée du droit de retrait peut donner lieu à une retenue sur salaire pour la période d’absence correspondante ou à une sanction disciplinaire.

L’article L4122-2 du Code du travail prévoit que « Les mesures prises en matière de santé et de sécurité au travail ne doivent entraîner aucune charge financière pour les travailleurs. »
C’est donc l’employeur qui fournit les EPI à ses salariés, qui les renouvelle et les entretient, ou gère les déchets (frais d’entreprise).

Durant le temps de trajet entre le domicile et le lieu de travail, le salarié n’est pas sous la subordination de l’employeur. De ce fait l’employeur n’a pas, en principe, à garantir la sécurité du salarié durant cette période, à la différence du temps de travail où l’employeur doit tout mettre en œuvre pour assurer la sécurité de son salarié (L.4121-1 Code du travail). Par ailleurs, il est conseillé de mettre en place des horaires d’arrivée décalés.